EN COURS DE NATURALISATION

mardi 25 mars 2008

TONY JOE WHITE en LIVE: PUTAIN DE PRINTEMPS par SOUL FRANCISCO

Théâtre d’Abbeville -Vendredi 21 mars 2008 –

16h30 : je quitte mon boulot en trombe, calé derrière le volant de mon frêle esquif j’affronte difficilement la tempête qui fait rage, une bourrasque démentielle faillit stopper mon voyage en plein milieu du Pont de Normandie…Putain de Printemps !
Mon pote me choppe sur le parking de l’église de la radieuse bourgade d’Etainhus (non, ce n’est pas une contrepèterie…) puis nous filons vers le nord, à 2 on est plus forts.


19h30 : au pied du théâtre nous rejoignons mon frère, puis, sous prétexte de régime végétarien nous nous éclipsons afin de diffuser quelques senteurs exotiques dans le ciel tourmenté de la (presque) capitale picarde…
Les yeux rougis par la brise (?!), je me retourne et tombe sur un géant chapeauté d’un énorme Stetson noir : Tony Joe sort sa guitare du coffre de la diligence. Le géant nous sourit, pas farouche le « poor lonesome cowboy », puis nous tend la main, il broie la mienne.

Nous échangeons quelques considérations philosophiques: « happy…nice to meet you…great!…Marlboro …thank you! » puis nous donne rendez-vous plus tard, dans la chaleur du théâtre : les génies du marais sont avec nous.


Après Washboard Chaz et son blues roots en guise d’apéro, la lumière se tamise : une ombre se glisse de derrière les épais rideaux noirs vers une chaise, le « renard des marais » s’assoit, jauge le public à travers ses lunettes noires puis nous rassure d’un sourire ravageur.
Il allume son ampli, ajuste son harmonica, fait glisser la sangle en peau de crotale de sa Strat’ usée, approche son visage buriné du micro…la voix est sublime : profonde, chaude, veloutée comme un chocolat chaud hivernal, bu en regardant la Manche déchainée…
Rich woman blues, High Sheriff of Calhoun Parish… sublime!

Le batteur s’installe derrière ses fûts sous l’œil goguenard du Géant, le maitre de cérémonie le présente et nous précise que ce soir il n’y aura pas de set list, c’est le public qui choisit le programme !
Mes 2 neurones se mettent alors en marche, je crie : Roosevelt and Irma Lee, Tony l’entame illico presto…


1h30 de rêve : Lake Placid blues, le « tubuesque » Polk salad Annie, Tony me remercie lorsque je crie Soul Francisco (son premier succès…1968)…le duo guitare-harmo-chant/batterie est atypique et néanmoins phénoménal, le groove est infernal, il fait chaud, ça y’est je suis en pleine Louisiane au milieu du « swamp », encerclé par des crocos affamés…dieu soit loué ! Tony Joe les éventre à grands coups de riffs métalliques leur balançant des giclées de wah-wah dévastatrices…calmés les sacs à main !
Puis le géant nous laisse, haletants, et disparaît derrière le rideau…
La foule gronde, les pieds frappent le parquet…ENCORE ! Le duo revient, Tony Joe nous dit qu’il trouve la salle magnifique et le public extraordinaire… et entame Rainy night in Georgia ,mes yeux rougissent et s’embuent : ce n’est ni le vent, ni les fumées exotiques…

Soul Francisco.