EN COURS DE NATURALISATION

jeudi 20 mars 2008

L'eddy tôt de 8h45: I'M A WRITER ET JE T'EMMERDE





Envie d’une fichue clope. Je viens de me taper une borne en courant, tout ça, pour me retrouver devant ma machine avec l’envie d’une clope. Eros et thanatos. Courir et mourir. En fait, c’est juste le geste parce que je vais l’oublier assez vite dans le cendrier mais voilà, elle lance la machina, met en route le processus créatif. La putain de blague. Je craque, il me la faut, cette salope. Je me déteste fumer le matin mais je m’aime en écrivain. Ecrivain du matin…

Mais j’aime pas le mot. Ecrivain, ça pue la loose. Ca pue la France. Moi, je veux être a Writer. Voilà ! Je veux que mes mots soient des marteaux.

On a jamais vu ça, je vais avoir quarante ans. Encore quelques années et on me transformera en bouffe pour chiens. Je hais les clébards. Avant, je me disais : « non, mec, c’est les propriétaires de clébards qui sont cons. La pauvre bête y est pour rien » Mon cul, oui ! Cette saleté de bestiole est 100% responsable d’être une saleté. C’est cette gamelle, cette putain de gamelle. « il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » Va chier !

Les indiens bouffaient les chiens. Ca me fascinait, gamin. Ce qui me plaisait, c’était la têtes des blancs quand on leur servait du cleps. Sacrilège ! Enfant, j’ai eu un chien. Un nid d’emmerdes. Il était mieux traité que moi. J’enviais cet enfoiré qu’avait pas besoin d’aller à l’école, qui pissait où il voulait et aboyait quand ça lui plaisait. Il faisait la loi. Comment peut-on aimer autant les patrons qu’on en ramène un chez soi ?

C’est vrai, j’aime avoir des ennemis. J’en ai besoin. C’est en eux que je me reconnais. J’ai un chien à l’intérieur. Tu peux l’appeler Reconnaissance, obéissance ou abstinence, il viendra car la laisse est courte et c’est lui qui la tient.

« Quel rapport avec la clope ? » tu vas me dire, l’ahuri. Si t’as pas encore compris que je fume pour pas te foutre mon poing dans la gueule, chien de terrien…

eDDY MArs